J’ai passé vendredi, samedi et une partie de dimanche au camp. Cela m’a permis de publier le dernier compte-rendu et les photos, d’assister à la deuxieme séance d’apprentissage sur le paquetage d’application sur Frugalware et à une réunion de travail du projet Movim.
Vers 16h dimanche, je retourne au camp NG, chargé de nourriture et de vétements. Me rendre à ce nouveau camp demande un peu plus de temps car il est plus éloigné de la route. Je compte environ 30 minutes, mais comme je n’ai pas de montre, cela reste très subjectif. La mauvaise surprise est que je vais constater qu’un ours est passé autour du tipi. Il n’a pas fait de dégâts mais mon camp est déjà découvert. La bonne nouvelle est qu’il n’a pas trouvé ma cache de nourriture et qu’il n’a pas cherché à rentrer dans le camp tout nouvellement acheté. Il est pourtant passé pas loin : je trouve une crotte à 50m environ.
Lundi 5 juillet 2010
La météo annoncait de la pluie et elle ne s’est pas trompée. J’avais prévu une journée au camp calme et je vais m’y tenir. Je sors en après-midi pour aller chercher la dernière bâche laissé au camp temporaire. J’ai surtout besoin des ficelles pour pouvoir équiper mon ponco durant le temps de la prochaine vadrouille. Le trajet suffit cependant à me tremper et au retour, je m’offre une soupe pour me réchauffer. Etant mouillé, je continue sur ma lance et vais fureter du coté de la ligne d’énergie en direction de l’est pour ensuite rejoindre la route au niveau du sentier d’hiver. Pas de traces lupines durant ce trajet, seul un orignal a emprunté la route sur une centaine de mètres, avant de partir vers le sud et le grand lac.
Je retourne ensuite au camp et fais une belle rencontre avec une couleuvre, en deux temps. La première est assez furtive et elle cherche à s’eclipser. La seconde se fait après le souper et je la trouve sur une roche, très calme et immobile. Je pense qu’elle est en cours de digestion et profite de quelques rayons de soleil. Le temps est cependant menaçant. La vitesse qui passe au dessus de nos tętes donnent l’impression que le temps passe en accéléré. Je ne suis pas loin de le croire.
Mardi 6 juillet 2010
Il fait toujours gris mais il ne pleut pas. Je pars déjeuner et prendre le stock de nourriture prévu pour la vadrouille. Je la prévois assez longue, 6 jours, profitant de 3 plats lyophilisés que Jocelyn de Nouchimi m’a ramené. J’ai des barres de céréales également et prévu du couscous. Tout est parfait pour une vadrouille sympa avec un sac encore confortable. Comme abri, je n’emporte que mon poncho.
Mon but est de partir vers le sud. En direction de la rivière Corvette. Je ne suis pas vraiment sur d’aller jusqu’à ce point car l’itinéraire est assez bloqué, mais je souhaite faire du chemin et voir du pays, en oubliant pour un temps les soucis de ce monde.
Le camp NG est bien situé pour l’itinéraire que j’ai choisi. Il me suffit de partir plein sud, au moins pour une journée et environ 12km. Ensuite viendra la zone du choix et un parcours plus compliqué et plus dénivelé. En tęte, je m’offre deux possibilités : soit continuer sud et rejoindre la rivière, soit bifurquer vers l’ouest et longer une ligne de hautes collines pour rejoindre la limite ouest de la zone d’étude, jamais encore visitée et certainement très intéressante.
Le sac est donc bien rempli mais reste portable. Le ciel couvert me soulage de la canicule et de la transpiration, jusque vers la mi-journée. Ensuite, le ciel se dégage et le soleil reprend sa domination estivale. La marche est agréable dans ce secteur : surtout de la mousse de caribou et un habitat plutôt clairsemé, entrecoupé de tourbières qui ont repris de a vigueur avec les pluies récentes.
Contrairement à la virée vers le lac Corvette, il y a peu de zones de brűlés. Je vais en traverser deux, et peu difficiles. Les ruisseaux sont enfantins à traverser, excepté le plus gros qui doit me faire passer au sud du lac Magin. Dans ce cas, je dois me confectionner un pont à un endroit moins large et je vais me mouiller un peu car l’équilibre était précaire !
La bonne nouvelle et un peu une surprise : j’arrive parfaitement à garder le cap que je comptais prendre et les vérifications GPS m’assurent que j’ai le sens de l’orientation aiguisé pour ce coup-ci. l’itinéraire prévu d’après la carte est également celui emprunté par de nombreux animaux au vu des pistes, ce qui voudrait dire que ce choix n’était pas si mauvais.
J’avance bien pendant 10km, soit déjà plus que le minimum que je m’étais fixé. Ensuite, cela se complique en arrivant dans la dernière partie de la carte principale, notamment à cause d’une zone de brűlé plus hostile et un ruisseau vif et large. Jeme pose et envisage de créer un nouveau pont mais préfère finalement contourner le grand lac oů le ruisseau se déverse, espérant un gué au ruisseau suivant. En effet, au milieu du lac, la zone brűlé s’arręte net et j’imagine que la végatation au sol drainera plus le débit du ruisseau. le gué est trouvé, męme si son aspect est insolite : je dois passer par le lac en crapahutant sur une rangée de rochers, amassés par le courant. Je pose au milieu du passage, « marchant » à la surface du lac.
La journée de marche s’achèvera sur le bord de ce męme lac. L’emplacement est bon et le ciel menaçant m’incite à poser le camp. Je soupe à la limite du brűlé et du vivant, la barrière invisible qui a protégé cette partie du paysage rend le contraste saisissant. je monte ensuite le poncho de façon à meprotéger de la pluie que je soupçonne venir, à tord. Je finis la journée avec une petite balade et profite d’un joli coucher de soleil.
Mercredi 7 juillet
Les précautions que j’avais prises pour échapper à la pluie ont été plutôt néfastes. Le poncho étant très proche et presque clos, la condensation a mouillé la surface extérieure du sac de couchage. Cependant, comme le soleil est de la partie dès son lever, le sac a le temps de se sécher àlors que je déjeune tranquillement. Les déjeunes seront de toute façon rapide : je n’ai pas de café, dernière fanfaronnade de Ben qui m’a vidé mon stock. Juste de l’eau et de la crème de blé au beurre de cacahuètes.
J’ai inspecté les cartes hier soir et il faut maintenant faire mon choix. D’ici 3km, je vais devoir choisir le sens de mon décalage. Soit je contourne un des grand lacs par l’est pour rejoindre la rivière Corvette, soit je commence à gravir la première (et la plus grosse) des collines pour entamer les crętes et l’est. Le souci de l’est est que je me retrouverais pas si loin du trajet que j’avais pris pour aller au lac, et celà me frustre un peu. L’inspiration et la motivation me pousse alors naturellement vers l’ouest et les collines. ce choix m’offrira de toute façon un joli panorama et le fait de découvrir une nouvelle zone et agrandir la zone réelle d’observation va dans le sens de mes envies du moment. de plus, l’absence de pistes de loups dans la zone de la tanière pourrait vouloir dire que la meute s’est déplacée et je vais pouvoir examiner les abords de la route sur un grand tronçon lors de mon retour.
J’arrive au pied de la première hauteur par l’extrémité du plus grand des lacs, en tout cas un bout de crique. Son aspect merappelle le corvette : le fond est sablonneux et donne envie de s’y plonger. Cel ne sera pas pour cette fois. L’ascension donne chaud mais en vaut la peine. Une fois en haut, j’ai une belle vue sur les grands lacs, et męme un aperçu du Corvette au loin. Je passe la pause diner au sommet et profite de la vue.
Je repars ensuite plein ouest et redescend la colline avant d’attaquer la suivante. Il va y avoir 4 dénivelés à franchir avant mon point d’arręt. Celui-ci se trouve juste entre 3 hauteurs, dans une zone très encaissée. Un lac s’est fiché au milieu et sera mon étape du soir. Encore aujourd’hui, plus de 10km seront avalés, et la difficulté de la marche était autrement plus élevée. Je le sens sur la fin et suis content de poser le camp, sur une rôche surplombant le lac.
Je décide en posant le camp que je vais passer la journée du lendemain dans la zone. Le coin est intéressant et mérite d’ętre plus qu’aperçu, et un repos pour le dos et les jambes ne sera pas perdu. Le temps se couvre vite dans la fin de la journée, aidé par un vent d’altitude violent. J’écris cette partie du journal sous le poncho alors que la pluie se met à tomber. D’après les gouttes qui ruisselent des coutures, j’ai comme l’impression que le poncho n’est pas fait pour la grosse pluie.
Jeudi 8 juillet
Il a arreté de pleuvoir dans la soirée hier. Au réveil, le ciel est nuageux et les vents toujours violents, malgrè tout on voir percer des morceaux de ciel bleu rapidement. Un peu de courbatures dans les jambes me rappellent mes grimpettes d’hier et c’est très gentiment que je pars explorer une des collines après le déjeuner.
Malheureusement, le ciel s’alourdit au fil des heures et découvrir les autres monts ne me motivent pas plus que ça. D’autant plus que la végétation est plus dense ici et que le panorama m’est sérieusement bouché. A la mi-journée, je retourne au camp et prends une soupe. je m’offre ensuite une petite baignade avant que le ciel ne se fasse très menaçant et que la pluie ne se remette à tomber. C’est dans ces moments là que l’on se rend compte qu’un poncho, c’est un peu étroit pour se protéger soi et son matériel. J’y parviens cependant pas trop mal męme si ce n’est pas le grand confort. Des gouttes tombent néanmoins sur le sac de couchage et j’espère que la pluie va finir par se lasser.
Je passe l’après-midi entre sieste et lecture de carte. Je m’imagine des périples futures, des itinéraires intéressants et des zones assurément splendides. Il me reste tellement à visiter. Pour le souper, je teste pour la première fois un des plats lyophilisé. 2 bonnes raisons : s’il continue à pleuvoir dans les prochains jours, je serais content d’avoir gardé madernière boite de conserve, qui peut se déguster froide. Et je ne suis pas très confiant sur la quantité de nourriture de ces plats. Comme je n’ai pas fais une grosse journée, cela ne sera pas trop dérangeant.
Je suis cependant assez surpris de la quantité obtenue. La gamelle est assez remplie et ce n’est pas mauvais. En tout cas, cela fait du changement. je trouve quand meme que le strogonoff au boeuf goutte un peu trop les champignons à mon goűt !
Après le souper, le ciel semble vouloir se dégager un peu et le vent a changé de sens.J’arrive à discerner la colline d’en face, ce qui est bon signe.
Vendredi 9 juillet
Il a plu pas mal cette nuit finalement et le temps reste bien couvert au matin. Les affaires ne sont pas trop trempées. Je déjeune au sec et remballe. Je vais contourner le lac par le nord et attaquer la colline, sans toutefois la gravir totalement. La végétation est dense et humide et trempée bien sur. Mais comme je le suis déjà depuis les premiers pas, cela n’a pas d’importance. Enfin si, cela rend la marche plus glissante et je sens au fil de l’avancée que ma cheville gauche (celle du coté de la pente) faiblit. Je suis content de retrouver un terrain plus plat et comme en plus le ciel se dégage, c’est bien parfait.
Je fais une pause pour essorer les chaussettes, faire un point topo, toujours plus important lorsque le soleil est caché, et profiter des premiers rayons du soleil de la journée. Les nuages défilent encore à toute allure et il m’est impossible de prévoir ce qui va me tomber dessus. Je vois du bleu, c’est tout de męme positif.
J’embarque ensuite vers un grand lac à l’ouest et la marche redevient agréable, comme au premier jour. Je trouve deux carcasses de caribous assez fraîches (avec du rouge encore sur les os) près du lac dans une zone humide. Je continue toujours. Je suis à la limite des deux cartes et je vais repasser à la principale quelques 12km après le début de la journée. Je remonte ensuite de biais pour rejoindre la ligne d’energie, qui elle s’en va vers le sud et la rivière pontois, qui est la limite ouest de la zone d’étude. Le secteur devient rocheux et abrupt, les tourbières sont également plus nombreuses.
Je suis assez surpris de ma forme du jour. J’enchaine les km sans besoin de pauses, peut-ętre grace au vent et à la température douce. Je passe la ligne en contournant un dernier grand lac et gravis une dernière colline avant de m’arręter sur le bord d’un petit lac parfait pour l’étape du soir.
Je prépare le souper et monte le camp alors que le ciel s’éclaircit rapidement et devient presque sans nuages. Je pense rester dans la zone demain : il y a quelques endroits que j’aimerais vérifier et au moins un sentier humain à inspecter.Je ne le vois pas en totalité sur la carte car je suis arrivé à son bord. Il paraît presque certain que c’est un sentier d’entretien de la ligne et je sais par expérience que ce genre de piste est apprécié par de nombreuses espèces dont Canis lupus.
Après le souper, je pars marcher en direction de ce sentier et de la route à environ 3km. La végétation est massive et loin d’ętre agréable à pratiquer. Il faut dire aussi que j’ai fait pas mal de trajet aujourd’hui et la fatigue se fait sentir. Je rejoins la piste, qui semble ętre utilisée régulièrement vu son état. Je trouve une belle empreinte de loup dans un coin boueux, mais elle est bien isolée. Sur la route, un remard est passé et je vais entrapercevoir une martre qui traversera fugitivement la chaussée. Pas de pistes lupines sur la route, que je vais suivre jusqu’au premier repère kilomètrique. Je prends le point GPS et rebrousse chemin pour retourner au camp mobile. Dernier exercice du soir : retrouver le camp sans l’aide du GPS. En 2km hors sentier, j’arrive avec un décalage de 100m, ce qui me satisfait pleinement.
Samedi 10 juillet
Je suis réveillé par la pluie. Le ciel est comme d’habitude très chargé, et pour ne pas changer, les nuages font des excès de vitesse. Je traîne un peu au lit et bientôt le ciel se dégage. Je pars vers l’est après le déjeuner. Je contourne la serie des 5 lacs auprès desquels je me suis posé, avant d’atterrir sur la ligne d’energie après 3km. Une chose est sure : je ne suis pas fana de ce terrain là. Beaucoup de thé haut, des tranchées très denses et humides et un sol en forme de boite à oeuf, j’ai connu plus sympa.
Je suis la ligne, qui a l’immense avantage de proposer une piste plus agréable. Arrivé à un grand lac, je reprends le bois vers le sud et entame son contour. C’est à ce moment là qu’il se remet à pleuvoir. C’est aussi à ce moment là que je tombe sur une zone de gros rochers, obstacles non désirés par ce temps. Assez invivable comme zone décidement et quasiment aucune trace. Je me faufile dans le thé et entreprend de retourner vers le camp mobile. Cette zone me sort par les yeux. Je suis cependant assez loin et je vais avoir le temps de pester de tout mon soul contre cette zone hostile. Enfin arrivé, je me réfugie trempé sous le tarp et attend une éclaircie. j’en profite alors pour faire chauffer le second plat lyophilisé. Poulet et riz au menu.
Le temps va s’améliorer ensuite, tout en restant imprévisible. Je traine sur mon rocher et arrive à me sécher. le temps passe et je soupe tôt, pour ensuite aller du coté du sentier que j’accède en traversant une immense tourbière, accueilli par 4 grands chevaliers, toujours très causants.
Ce sentier est très beau. Très large, et dans des habitats variés, il a été conçu pour éviter un maximum les difficultés du terrain. J’imagine que des gros engins ont du ętre nécessaires par ici pour qu’ils aient du prendre autant de précautions. J’ai l’impression de faire une randonnée sur un sentier naturaliste et les pistes d’orignal, d’ours et de loup contribuent à cet impression. La piste de loup doit cependant ętre assez ancienne, et il n’y a eu qu’un seul individu.
La piste s’achève comme je le pensais sur la ligne d’energie et doit s’étendre sur près de 4km de long. Arrivé au terme, je repars en sens inverse et rejoins le camp alors que le soleil se couche.
Dimanche 11 juillet
C’est le retour vers le camp NG et comme depuis quelques jours, le temps est couvert. Pour ce coup ci, je n’y vois que des avantages : c’est bien plus agréable lorsqu’on se paye 25km de route en gravier. Je suis fixé sur un point : les loups n’ont pas squattés un autre secteur : pas une trace de trouvée sur la route. Au final, je me rappelle que l’été passé, un tel phénomène s’était passé avant que je ne croise les louveteaux et l’abondance de crottes enfantines, chargées de baies.
Une autre chose intéressante de ce morceau de route : les travaux d’entretien de la route sont d’envergure. Les aulnes ont été arrachés des deux bords, sur toute la distance. L’été passé, ils n’avaient dégagé que les courbes. Cela peut avoir également son importance.
J’arrive au camp NG pour la mi-journée. Pas de catastrophe, aucun ours n’est passé. je mange et me repose ensuite dans le camp, qui me parait ętre un palace lorsqu’il se remet à pleuvoir : je n’ai pas besoin de me recroqueviller pour ne pas me faire mouiller ! Une bonne sieste s’impose d’elle meme et je passe la soirée tranquillement.
Lundi 12 juiller
Je repars tôt le matin pour le camp 1. je n’ai presque plus rien à manger et il est temps,après 3 semaines d’autonomie, de penser à regagner nouchimi pour le ravitaillement. J’arrive au camp 1, oů Ben a été très sage. Je connecte internet difficilement en raison du mauvais temps (il a plus durant le dernier tiers du trajet) et commence à publier les photos. J’ai bientôt Mikael de Nouchimi en contact jabber, et nous convenons d’une heure pour qu’il vienne me chercher.
Fin de la vadrouille. Photos de cette sortie


























