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Période du 1er au 5 mars 2010

samedi 6 mars 2010, par Mickaël Brangeon

Le tipi s’est déroulé samedi passé, très calmement. Je comptais ensuite partir pour une bonne semaine, essayer la voie que j’avais aperçu le dernier coup. Le froid est sensé revenir cette semaine, avec des températures bien négatives la nuit. Idéal pour croûter la neige et rendre la marche plus facile.

Cependant, je vais encore revoir mes plans. Mercredi c’est l’anniversaire de ma Maman et j’espère lui souhaiter de vie voix. Je megarde un fond d’essence rien que pour ça et j’oublie la génératrice jusqu’à ce jour. En si peu de temps, je peux au moins aller faire un bon tour de piste vers l’est, que je n’ai pas visité depuis 2 mois.

  Lundi 1 mars

Je prépare la totalité de mon traineau par contre, histoire de ne pas perdre le coup. J’emmène juste moins de nourriture. Lundi matin, après le déjeuner, je pars sous un beau soleil. Même pas besoin de raquettes pour rejoindre la route : la piste a été bien tapée et le froid de la nuit a fait son travail.

Le trajet consiste surtout à faire la route, pendant environ 20km. Les traces intéressantes ne vont apparaître qu’une fois les 4 premiers km parcourus. Au niveau de l’antenne Marvin, deux loups rejoignent la route et vont dans la même direction que moi. Les empreintes sont superbes et très précises. (Il vous faudra attendre pour voir ces belles traces, je dois les importer depuis la nouvelle caméra, chose que je ne peux faire qu’à Nouchimi pour le moment).

De temps en temps sur le même bord, de temps en temps chacun de son coté, leur allure semble tranquille et régulière. Au niveau de la chaussée, les difficultés s’annoncent : il y a des endroits, surtout les courbes, oùla glace n’est plus présente. Je suis obligé de trainer le toboggan sur du gravier assez souvent, et je sais que ca va le détruire à vitesse grand V.

Rivière

La journée est chaude et magnifique. Je croise pas mal de lagopèdes, sur le bord de la route ou dans les aulnes. Ils paraissent finalement moins farouches qu’il y a peu. Peut-être la chaleur ou moins de présence humaine. J’arrive donc à en prendreplus souvent et plus près. J’utilise aussi la caméra pour quelques prises.

Lagopède

Une nouvelle de taille également,quelques km plus loin. À l’endroit où je bifurque assez souvent vers le sud hors hiver, la piste, qui m’a conduit jusqu’au lac Corvette et qui n’avait jamais été utilisée depuis que je suis ici, est largement ouverte et empruntée.

Deux véhicules sont stationnés sur un espace déneigé, et un panneau indique que des travaux de forage ont lieu ici. Je vais voir un peu plus loin et la direction me confirme qu’un nouvel accès m’a été ouvert,dans un secteur que j’aime beaucoup. Je n’avance pas beaucoup plus loin. Pas de piste de loup sur cette portion « d’autoroute ». Et je ne tiens pas à fréquenter cette piste sans en savoir un peu plus sur ses créateurs.

Je reprends donc mon avancée, suivant de nouveau les deux loups qui ont l’air d’être bien décidé sur leur destination. Je vais arriver en milieu d’après-midi au vieux mitogan. Je vide mon traineau et constate qu’un trou s’est formé sur la coque. Je vais ensuite reprendre la route et poursuivre la piste.

Ruisseau

Il y a deux gravières que je sais très appréciée des loups. Toujours beaucoup de traces, et une rencontre visuelle l’automne passé. Ce coup ci, les loups ont fait un détour dans chacune d’elle mais ils ont repris leur chemin assez vite. Sur le bord de route de temps en temps, un loup creuse dans la neige ou part faire quelques pas dans le bas coté. peut être ont ils croisés quelques lagopèdes ?

J’arrête ma marche 4 km plus loin et abandonne la piste de ces deux loups, qui n’en ont pas fini de leur longue marche ; Moi je retourne tranquillement au mitogan, profitant de la lumière de fin de journée. Un petit souper tranquille, et le soir annonce une nuit froide.

  Mardi 2 mars

Le lendemain, la route du retour. Et oui, pour être présent mercredi à une heure convenable, il faut que je sois rentré ce soir. La belle journée d’hier a fait fondre beaucoup de portion de route, et le froid de la nuit n’y peut rien : beaucoup d’endroits sont à nu et après 4km,je dois déballer le traineau et vider de la neige, qui s’est amoncelée par le trou. Evidemment, la traine est moins facile car la résistance est plus forte au niveau du contact avec le sol.

Deux km plus loin, je sens que je ne vais pas aller au bout de cette façon. Je débarque alors le matériel et réorganise le tout pour que l’essentiel tienne dans mon sac à dos. Je laisse sur place de la nourriture, le sac de couchage lestra, le sur-sac. Je repars ensuite avec le reste, bien chargé.

Lagopède

Le reste de la route est de suite plus agréable. Je vais croiser quelques personnes : Freddy et Mary retournent à leur camp, après un long séjour dans le sud. Je rencontre aussi les prospecteurs qui se sont installés dans « ma » zone. Ils logent à Cargair et ont tapé le sentier sur une vingtaine de km vers le sud. J’ai la permission de l’utiliser si je le veux. bien sur que ca m’intéresse !

Leur travail est prévu s’achever le 23 mars. Un des gars est un écrivain, il a récemment publié un ouvrage sur la Baie-James ; Il m’annonce qu’il a utilisé quelques photos de la galerie flickr, en respectant la licence bien sur :) je suis ravi de la nouvelle.

De retour au camp, coupe de bois, cuisine, coucher.

  Mercredi 3 mars

Une belle journée encore qui s’annonce. Je vais chauffer le camp et passer la matinée devant l’ordinateur, bon anniversaire Maman :) Je n’ai bientôt plus d’essence dans la génératrice. Je regarde les prévisions météo : Il va faire froid, -28° annoncé pour la nuit. Je vais donc couper plus de bois, et je dégage le carrix de son tas de neige.

En effet, si la route n’est plus trop praticable avec le traineau, le carrix peut m’être bien utile. D’autant que la neige dure devrait supporter la spatule pour la neige. Arf oui la spatule à neige… Je l’ai bien vu cet automne, lorsque j’ai remonté le camp suite aux dégats de Ben…

Je sonde plusieurs endroits. Je déblaie mon arbre « supporte-trucs », rien. Enfin, j’en trouve des trucs. mais pas la spatule.

Bon, quand on n’a pas de tête, on a des idées. Je récupère une des raquettes de l’année passée et bidouille un montage pour bloquer la roue. Ca a l’air de tenir. De toute façon,si la piste est aussi tapée que ce que j’ai vu, je n’aurais même pas trop besoin de cette spatule.

Écureuil

Je finis la journée en confectionnant des protections pour la caméra et les nouvelles batteries. Le tapis de sol et du duck-tape (scotch à tout faire) font très bien l’affaire.

  Jeudi 4 mars

Je suis réveillé dans la nuit, enfin de très bon matin. Un loup hurle. Je suppose qu’il est au niveau de la route,plus à l’ouest de moi. Il reprend souvent son appel, sans bouger. Puis une réponse venant de plus loin. J’ai l’impression que « la réponse » se rapproche et c’est maintenant 2 loups qui répondent à l’appel du lanceur.

Après 10 bonnes minutes d’activités, le silence revient. Il fait frêt en dehors du sac. Du frimât partout. Je replonge la tête dans mon sac et me rendors.

AU réveil effectif, un beau ciel bleu, un froid piquant et une piste large sur le lac. Qu’est ce que je fais ? Je vais voir ce qui est passé si près. Trois loups ont suivis mon sentier, depuis la route jusqu’à 200m du camp. Là, ils ont continué sud et embarqués sur le lac. S’il m’ont repéré ? Lorsque je suis sur le lac, j’arrive sur une petite zone très tapée, et où les nombreuses empreintes (qui forment un grand cercle) montrent qu’il s’est passé quelque chose.

Rien de méchant,les loups ont seulement piétinés à cet endroit là, peut être sont ils restés quelques minutes. Mais en levant les yeux de la neige et des pistes, en regardant la rive du lac qui me faisait face, j’ai vu mon camp juste en face. (Pareil, les photos de cette scène seront incorporées plus tard lorsque j’aurais récupéré les images).

Je ne peux laisser ça de même et je m’engage à la suite de ces petits curieux. La neige est bonne et la journée magnifique. Je vais suivre leur piste jusqu’en milieu d’après-midi. Ils « maraudent » et ne semblent pas avoir de destination bien établie. Ils suivent les vallons et se tiennent sur les petites crètes de la zone. De temps en temps, les pistes se séparent et je distinue parfaitement les traces de chaque individu. Souvent, deux loups marchent ensemble, le troisième étant plus à l’écart de quelques mètres. De temps en temps c’est la fiesta et toutes les pistes s’entremèlent.

Urine de loup

Beaucoup de traces d’urine également, sur des petites épinettes, ou à même le sol. Au final, lorsque je lache le pistage en fin de journée, peu de distance par rapport au camp : mais beaucoup de déviations en cours de route.

  Vendredi 5 mars

La nuit a été un peu moins froide que la veille. Le traditionel gruau chauffé au poële, indispensable avant de repartir. Je repars sur le même secteur, j’ai la sensation que les loups ne sont pas forcément partis très loin. Mon impression va être confirmé assez rapidement et je vois 3 nouvelles pistes fraîches aller en sens inverse que celles d’hier. Les loups sont revenus.

Piste de loup rencontre ma piste

Plusieurs fois, ils utilisent la piste faite la veille. Ils la longent ou l’empruntent, mais suivent l’itinéraire. Ils ont donc vus et senti mes traces, cela se voit sur au moins deux photos. Je remonte un peu encore leur piste, jusqu’à un point haut d’où je peux voir leur avancée la plus récente. Je fais ensuite marche arrière et suis la piste fraiche dans le ses de la marche.

Piste de loups

Toujours aussi facile d’avancer sur cette neige. Heureusement car les trois loups vont me faire gravir la petite montagne au sud du camp, avec maints déviations. Sur la route, un endroit de repos pour la troupe. je trouve un espace bien tapé, et deux couches glacées. La troisème couche est 50m plus loin, un peu à l’écart. Crottes, urine, la totale.

Place de repos

Je visite la montagne dans la largeur et cela se voit que les loups ne sont pas pressés. Ils aiment les points hauts dégagés et font des détours à chque petit surplomb qu’ils peuvent trouver en chemin. Les traces se font aussi plus anarchiques. Ca va, ca vient et ca vadrouille un peu partout.

Montagne

En après-midi, je laisse les loups alors qu’ils s’orientaient apparemment vers le gros lac chez Lucie. Mais de traces sur le lac, point : il y a eu trop de vent cette nuit.

Lac et horizon

Sur le retour tranquille, quelques lagopèdes prennent le soleil. Je rejoins le camp, puis vais faire un tour sur la route Bonne surprise : le bidon d’essence est arrivé, je vais pouvoir vous parler de tout ca :)

Voir en ligne : Les photos de cette période




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