Le camp de base

Je vais détailler dans cet article le camp principal du projet. Comme expliqué dans notre démarche, il est nécessaire d’avoir un espace aménagé pour pouvoir préparer les explorations, travailler sur l’ordinateur et publier les articles et carnets de vadrouilles. Depuis le début du projet Corvette, il y a eu plusieurs modifications. La plus importante étant le déménagement du camp en juillet 2008. Cependant, le principe général est resté le même et semble viable.

Un camp de base = deux structures

La raison en est simple : il faut séparer la cuisine du couchage, en raison de la présence d’ours noirs dans la zone. La présence d’odeurs de nourriture ou de cuisine a tendance à attirer les ursidés et il est prudent de limiter les odeurs alléchantes dans le camp où l’on dort pour éviter quelques réveils difficiles !

Cette séparation est effective durant la période d’activité des ours. En hiver, ils se reposent et il est possible de cuisiner sur le poêle à bois. Les deux camps sont éloignés de plusieurs centaines de mètres, comme on peut le voir sur cette photo (les deux points blancs sont les deux camps).

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Le coin couchage

C’est une tente en coton, fabriquée par Atuk tent au Québec. Elle a une dimension d’environ 3m par 3m et une hauteur de 2m au plus haut. Le montage est des plus simple : la tente est dressée par un mât central et des ficelles. Il y a une sortie d’air qui permet d’installer un poêle à bois, très efficace même lorsqu’il fait très froid.

En été, il permet d’accueillir deux personnes et tout le matériel technique. Pour que cela soit possible, nous utilisons des lits de camps et nous rangeons les affaires dans des boites, elles même rangées en dessous des lits. Lors de cette configuration, le poêle à bois n’est pas installé (il est de toute façon inutile en été).

En hiver, je suis seul locataire de la tente. J’enlève donc un des lits de camp et ajoute le poêle à bois, du stock de bois coupé et de quoi cuisiner pour deux ou trois jours. Un coin de la tente est réservé pour le stockage des batteries, le modem satellite et l’ordinateur.

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Le coin cuisine

Le campement idéal pour cuisiner dans la région reste le tipi. Utilisé depuis des millénaires par les Cris, il permet de faire un feu ouvert, d’être protégé des éléments et d’offrir un vaste espace pour cuisiner.

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Les matériaux de base pour construire un tipi sont :

  • des perches de bois rectilignes : il y en a partout autour car des incendies réguliers brûlent des épinettes,qui meurent et restent sur pied. Il convient d’écorcher les perches pour enlever les aspérités, susceptibles de trouer les bâches.
  • des bâches. Originellement, les Cris utilisaient des peaux de caribous pour couvrir leurs tipis. Des bâches plastiques bons marchés font l’affaire. Il est aisé d’installer les bâches aux perches. C’est juste le haut du tipi qui est plus compliqué : c’est en hauteur et il faut conserver un trou plus ou moins gros pour que la fumée du feu s’échappe correctement et n’enfume pas l’intérieur.

Au centre du tipi, on installe un rond de feu : on récupère des grosses roches pour délimiter le foyer et poser une grille de cuisson. Les ustensiles sont rangés soit près du foyer, soit près de la toile, dans la partie non « vivable » (trop basse). On rajoute souvent des perches de bois par dessus la toile du tipi. Cela sert à tendre correctement les toiles et à empêcher le vent de les soulever.

Stockage et protection de la nourriture

Séparer le coin cuisine du coin couchage n’est pas suffisant pour éviter les ennuis avec les ours. On a pu en faire l’expérience cet été ! Il convient de stocker la nourriture en dehors du tipi de cuisson. Nous avons essayé de mettre la nourriture dans les arbres :

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Nous avons ensuite enterré la nourriture. La limite de cette technique est que nous laissons notre odeur lorsque nous allons ravitailler ou déposer de la nourriture, ce qui laisse une piste facile à suivre pour l’ours, qui n’a plus qu’à déterrer !

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En complément, nous avons donc suivi les conseils d’amis : nous mettons des boules à mites autour des emplacements de nourriture (enterrée) et des lingettes d’assouplissant lessive entre les couches de terre qui recouvrent la nourriture : cela semble masquer l’odeur. Depuis l’utilisation de cette méthode et notre déménagement, nous n’avons pas eu de problème. Cela reste à confirmer l’été prochain !

Electricité et Internet

Le dernier point important, voir vital pour l’établissement du camp de base est l’apport en électricité pour pouvoir recharger les batteries photos, GPS et travailler sur le projet. Initialement, nous avons opté pour le solaire : un panneau photovoltaïque de 60w, qui alimente une batterie 12v. Nous avons eu des soucis dès le premier mois du projet : les batteries ne se rechargent pas assez vite pour pouvoir travailler efficacement.

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Dès le mois d’août, nous avons complété notre équipement avec une génératrice à essence. Elle permet de pouvoir travailler à peu près correctement, lorsqu’elle n’est pas en panne (2 mois de non fonctionnement). Un plein de 5l permet environ 10 h de travail si on utilise l’ordinateur, le modem, de la lumière et la recharge de piles. Beaucoup moins si l’on veut recharger les batteries 12 v.

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Afin de pouvoir mettre en ligne les photos et les articles sur le terrain, nous avons fait installé une parabole sur le site et disposons donc de l’internet satellite.

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Quelques soucis de connexion, un débit pas très rapide, mais c’est tout de même très appréciable et fiable. Le coût du forfait n’est pas exorbitant (30€/mois environ).

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